A propos des portraits de Bernard Richebé, par Danielle Mathieu.

A sa manière, à l'aide d'une technique résolument contemporaine, Bernard Richebé, ( 1er pensionnaire,
à l'Académie de France à Rome, en photographie ) renoue avec la grande tradition du portrait d'acteur
que sa sensibilité et son sens aigu de la novation, nous restituent en création poétique.

Simple dans son concept, complexe dans sa réalisation fut le postulat de ces cinquante portraits.
Il s'agissait en effet d'organiser les prises de vues entre fin Décembre et mi-Mars, de telle manière
qu'elles saisissent l'artiste à l'instant le plus critique, celui où, en costumes, concentré de toutes ses énergies,
il s'apprête à entrer en scène. Dernière confrontation entre l'acteur et son personnage avant qu'ils ne fassent
plus qu'une seule et même personne, avec pour unique témoin l'objectif sensible du photographe.
Fraction de seconde particulière qui débouche sur un singulier mystère.

Une palette analogue à celle d'un peintre va en effet permettre à Bernard Richebé de nous rendre compte
de l'atmosphère de l'oeuvre théâtrale, de sa réalisation et de sa scénographie, en un fondu coloré dont il
garde secrète la réalisation.
Chacun des portraits est ainsi traité dans l'esprit de la fresque antique.
Les tirages sont réalisés sur le papier identique utilisé pour la gravure en taille douce qui permet d'obtenir
une grande finesse chromatique.

Tous ces portraits ont été réalisés sur les scènes de théâtre, juste avant l'entrés en scène des comédiens.
La bibliothèque historique de la Ville de Paris, possède dans son fond un jeu complet de ces photographies.